Sylviane & Nolween, un binôme de choc aux Espaces Verts

Un binôme de choc. Pas mieux pour qualifier Sylviane, 57 ans, et Nolween, 37 ans, agents du service Espace vert de la ville. Les seules femmes à évoluer dans un milieu historiquement et essentiellement masculin. Grâce à leur travail de qualité, leur courage et leur gouaille légendaire, elles ont gagné le respect de leurs huit collègues. Car oui, quand on est une femme dans un monde d’hommes, qui plus est au cœur d’un métier physique, le respect, ça se gagne. Quoiqu’on en dise.

Passionnées et heureuses de travailler en extérieur, en contribuant à l’embellissement et à l’entretien de la ville où elles vivent, Sylviane et Nolween n’oublient jamais de se payer une bonne tranche de rigolade, entre deux massifs à aménager.

Comment avez-vous intégré le service Espace Vert de la Ville ?

Nolween : Orientée par le servie Emploi du CCAS, j’ai débuté en 2019, au jardin solidaire, en insertion. J’élevais seule mes trois enfants, mais je ne voulais pas me cantonner à l’unique rôle de maman. J’avais besoin de travailler. Je n’avais jamais tondu une pelouse de ma vie et pourtant, j’ai très vite adoré ce boulot ! J’ai suivi une formation par mes propres moyens ; j’ai fait mes stages à la mairie de Saint-Saulve où je suis désormais en contrat depuis trois ans. Je n’aurais jamais cru faire ça un jour dans ma vie !

Sylviane : J’ai élevé mes cinq enfants. Après mon divorce, j’ai cherché un travail. J’avais une quarantaine d’années. Comme Nolween, le service Emploi m’a orienté vers le jardin solidaire. J’y suis restée deux ans. J’ai toujours aimé jardiner. J’ai ensuite été embauchée en saisonnière à la Ville, en 2019 et j’ai été stagiairisée en 2022.

Qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ?

Nolween : ça ne me dérange pas de bosser par tous les temps. Il y a toujours quelque chose à apprendre. Il y a des milliers de noms de plantes ; je n’aurai pas assez d’une vie pour tous les connaître. J’adore la création de massifs et la tonte.

Sylviane : Je ne voulais pas être enfermée dans un bureau. Je voulais travailler dehors. Je m’occupe de la taille et des plantations.

Quel rapport entretenez-vous toutes les deux ?

Nolween : Au début, Sylviane me faisait peur. Je suis très sensible. Je pleurais souvent. Aujourd’hui, je ne me vois pas travailler sans elle. Elle est importante dans ma vie, au travail et en dehors. Elle m’a appris à ne pas me laisser faire.

Sylviane : Au départ, j’ai été méfiante de voir une fille débarquer, car j’ai l’habitude de travailler avec des hommes. S’il avait fallu parler maquillage, je n’aurais rien eu à dire ! J’ai vu que Nolween bossait bien, alors on a formé un binôme. J’adore Nolween, par contre, pour le boulot, si j’ai quelque chose à dire, je le dis !

Comment gérez-vous la fatigue physique ?

Nolween : Quand je rentre à la maison, je fais tout mon ménage. J’aime quand c’est nickel. C’est que ça va !

Sylviane : Au début, je faisais exactement le même boulot que les hommes. Je continue jusqu’à temps que je tombe, même si je suis fatiguée. Je ne m’écoute pas, je vais au bout. Je n’ai jamais pris un arrêt maladie, même quand j’avais les côtes cassées.

Complices et complémentaires, Nolween et Sylviane ne se quittent pas d’une semelle de jardinière. Dans leur quotidien, la solidarité féminine n’est pas un vain mot. Nolween la sensible, bras nus été comme hiver, toujours souriante, même sous le crachin gris. Sylviane la frondeuse, volontiers provocatrice quand il s’agit d’avoir du répondant, drôle et désarçonnante sous sa casquette et sa coupe à la garçonne. On n’a pas trouvé duo plus attachant. Ce ne sont pas les collègues du Service Espace Vert qui diront le contraire.