En septembre, le Sessad André Launay célèbrera ses 10 ans d’existence. Située dans le quartier du Moulin Rouge, chemin de la Longue Hurée, la structure accompagne des jeunes de 0 à 20 ans, présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) diagnostiqués.
40 jeunes bénéficient d’un suivi ultra personnalisé, car « il y a autant d’enfants que de TSA différents », rappelle Ophélie Touchet, cheffe de service du Sessad. Ce qui rend la mission des accompagnants aussi évolutive que passionnante.
Une vingtaine de professionnels
Les jeunes et leurs parents sont entourés par une équipe d’une vingtaine de professionnels, amenée à s’agrandir, afin d’améliorer encore la qualité de l’accompagnement : éducateurs et enseignants spécialisés, assistants sociaux, psychomotriciens, psychologues et neuropsychologues, orthophonistes etc. Ces praticiens se déplacent dans les divers lieux de vie des jeunes : domiciles, écoles, clubs… afin de les suivre dans chaque pan de leur vie sociale. Une dizaine d’enfants est d’ailleurs scolarisée au collège Marie Curie, à Saint-Amand-Les-Eaux, le premier établissement d’autorégulation du Département. Leur scolarité est suivie par deux éducateurs, un enseignant et un neuropsychologue. A l’école du centre, à Saint-Saulve, une classe ULIS TSA (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire des élèves avec Troubles du Spectre Autistique) accueille aussi ces jeunes.
Le temps de l’inclusion
Si on ne guérit pas d’un TSA – qui reste un trouble génétique neurobiologique encore mal connu aujourd’hui – des structures comme le Sessad de Saint-Saulve permettent d’apprendre à bien vivre avec. Chaque enfant est accompagné 4 à 6 fois par semaine, de façon individuelle ou collective, selon les besoins spécifiques. « On construit un projet autour de l’enfant et de sa famille », garantit Ophélie Touchet, qui s’enthousiasme que les « autistes » stigmatisés hier soient de mieux en mieux accompagnés dans le milieu ordinaire aujourd’hui, à grand renfort de sensibilisation du large public. Le regard change progressivement.
80 jeunes en attente
Le Sessad accuse quatre ans d’attente pour les familles en demande d’admission. Cela représente 80 enfants, rien que dans le rayon d’intervention du Sessad, à savoir Valenciennois élargi au pays de Condé et à l’Amandinois. Si la prise en charge ne coûte rien aux familles, elle représente un budget pour les pouvoirs publics, qui freine la multiplication de ces structures, pourtant essentielles.
Néanmoins, une extension de 10 places a été octroyée récemment au Sessad, afin d’accueillir les enfants de 0 à 6 ans. « Plus le TSA est pris en charge tôt, plus il est ‘facile’ d’intervenir sur le comportement de l’enfant », insiste Ophélie Touchet. Oralité, communication, repères spatio-temporels, environnement, vie affective et sexualité, regard conjoint… sont autant de points à travailler.
120 familles accompagnées
Exclusivement financé par l’Agence Régionale de Santé et géré l’APEI (Association de Parents et Amis des personnes Handicapées Mentales) du Valenciennois, le Sessad a déjà accompagné 120 familles, depuis sa création en 2016. « La résilience des parents est incroyable, insiste Ophélie Touchet. Ils se transcendent pour leurs enfants, ils militent », offrant ainsi à voir une véritable leçon de vie.