L’industriel français Axens s’allie avec le chinois Minmetals pour lancer Licamax, un partenariat commercial dont l’objectif est la création d’une usine de production de matériaux actifs de cathode. Ces matériaux sont nécessaires à la fabrication des batteries des véhicules électriques. C’est le projet Macaron. La future usine doit s’implanter sur une emprise de 5 hectares, située sur le terrain en friche Vallourec, « où la nature a repris ses droits », indique Olivier Callebert, le directeur du projet Macaron.
Macaron représente un investissement de 500 millions d’euros, subventionné à hauteur de 25% par l’État, qui encourage les entreprises investies dans l’effort de décarbonation sur son territoire. Le dossier de demande d’autorisation environnementale a été déposé. Ensuite, un commissaire enquêteur chargé de l’enquête publique va être désigné, pour une durée de trois mois. A la fin de l’année 2026, ce dernier rendra son rapport. La décision finale d’investissement est attendue en 2027, pour un début des opérations à l’horizon 2029.
Environnement : le projet Macaron incarne un enjeu de la transition énergétique, soumis à autorisation environnementale. Un an d’études de la faune et la flore locales auront été nécessaires pour établir que le projet impacte 5, 4 hectares de zones humides, 14, 1 hectares d’habitats protégés et 45 espèces protégés. A ce titre, la CAVM exige 22 hectares de compensation – aménagements de mares, noue, crapauducs, prairies humides, haies, plantations etc – à Saint-Saulve, Fresnes et Escautpont.
Les matières premières, nécessaires à la fabrication des cathodes, seront acheminées à 100% par l’Escaut, à raison d’une à deux barges par semaine.
Pour éviter une surconsommation d’eau, l’entreprise fait le choix d’un système de refroidissement à base d’air et d’eau. Par ailleurs, Olivier Callebert affirme qu’aucun rejet nocif ne viendra polluer l’Escaut. « Au contraire ! L’eau que nous allons y prélever sera nettoyée et ressortira presque plus propre qu’elle n’est entrée dans l’usine. »
Santé : La fabrication de cathode nécessite l’utilisation de nickel, manganèse, cobalt auxquels du lithium est ajouté. Le nickel est une substance classés CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques), raison pour laquelle la future entreprise évoluera sous la directive Sevezo. Dans ces conditions, un plan de surveillance très important sera mis en place – analyses et traitements continus – pour assurer la sécurité des futurs salariés.
Emploi : le projet Macaron doit permettre la création progressive de 400 emplois. Ces recrutements s’effectueront par vagues successives, dont la première est prévue en 2028, pour travailler sur la première ligne de production.
Les Ressources Humaines du groupe Axens travaillent à la création d’une « filière batterie » et envisagent de former une trentaine de personnes, pour commencer, qui, à leur tour, formeront les autres. Des liens avec les professionnels chinois déjà formés seront probablement établis. Neuf mois seront nécessaires pour tester le produit avant sa commercialisation généralisée et la construction des lignes de production supplémentaires.
Flux : Avec une production prévisionnelle estimée entre 39 000 et 43 000 kilotonnes par an, le projet Macaron va générer des flux quotidiens :
- 32 containers par jour, depuis l’Escaut vers l’usine. Pour se faire, la CAVM a désigné une maîtrise d’ouvrage pour la construction d’une liaison d’accès au port et la reconfiguration de la rue du Galibot et, plus largement, de la ZI 4 de Saint-Saulve, avec une amplification des dessertes douces et transports en commun.
- 36 camions depuis l’usine vers les clients.
- Les flux sont prévus 5 jours par semaine, de 7h à 19h.
Nuisances sonores : des murs antibruit de 6 mètres de hauteur vont être érigés pour insonoriser l’usine. Des seuils seront respectés la nuit et le week-end et soumis à des contrôles réguliers obligatoires.