Samedi matin, neuf femmes avaient accepté de témoigner lors d’une table ronde consacrée au deuil périnatal, animée par Fabienne, psychologue en pédopsychiatrie. Parmi elles, Jeanne et Maïta, agents de la mairie, bénéficient du soutien du service Santé de la Ville, qui les accompagne dans cette action de sensibilisation et de soutien autour de cette cause.
Au-delà de ces neuf intervenantes, des femmes présentes dans le public ont également trouvé la force de prendre la parole pour raconter leur histoire. Peu à peu, les témoignages se sont succédés, faisant de cette rencontre un moment profondément humain, empreint d’émotion, d’écoute et de bienveillance.
Derrière chaque récit, il y a un enfant attendu, imaginé, aimé… et une absence avec laquelle il faut apprendre à vivre. Ensemble, les participantes ont abordé des questions essentielles : quelle place accorder au papa, lui aussi confronté à cette perte ? L’interruption volontaire de grossesse (IVG) peut-elle être vécue comme un deuil ? Comment affronter le regard des autres, les remarques parfois maladroites des proches et de la famille, et apprendre à prendre du recul face à des paroles qui peuvent blesser ?
Autant de sujets délicats, évoqués sans jugement, où chacune a pu reconnaître un peu de son vécu dans l’histoire d’une autre. Car si chaque deuil est singulier, le besoin d’être écoutée, comprise et reconnue est souvent partagé.
Quand la douleur devient un chemin vers les autres
Certains témoignages ont également mis en lumière la manière dont cette épreuve a pu faire naître une vocation ou une passion. La photographie qui permet d’offrir aux parents endeuillés des souvenirs précieux avec leur enfant. D’autres créent des objets personnalisés portant son prénom ou représentant la famille au complet, pour préserver symboliquement sa place. D’autres encore proposent des massages, du shiatsu ou des pratiques de bien-être pour apporter douceur et réconfort aux mamans endeuillées.
Autant de façons de transformer, sans jamais l’effacer, une douleur intime en une attention portée aux autres. Des gestes qui rappellent que l’amour pour un enfant ne disparaît pas avec son absence.
Un message pour faire vivre le souvenir
À la fin de cette matinée, les participantes qui le souhaitaient ont pu écrire quelques mots. Ces messages deviendront des décorations qui seront accrochées dans l’arbre situé derrière la mairie. Un geste symbolique, pour rendre hommage aux enfants disparus, faire une place à leur souvenir et donner une forme visible à des émotions parfois difficiles à exprimer.
Cette table ronde aura surtout permis de libérer la parole. Qu’elles soient venues pour témoigner ou qu’elles aient trouvé le courage de s’exprimer au fil des échanges, ces femmes ont contribué à faire de cette rencontre un espace où aucune émotion n’avait à être cachée et où chaque histoire avait sa place.
Parce qu’un deuil ne s’oublie pas, parce qu’un enfant reste à jamais une part de l’histoire de ses parents, parler de ces absences, c’est aussi reconnaître leur existence et l’amour qui continue de les faire vivre dans les cœurs.



























